
Boulogne, le 14 juin 2000
Note n°19
Des conflits de plus en plus nombreux
Epsy vous adresse régulièrement son analyse de l'évolution de la mise en place des 35 heures dans les entreprises. Nous avons choisi de l'appréhender au travers de l'OTT et non de la RTT.
Votre contact : Jean-Claude DUCATTE : 01.47.61.85.85 ducatte@epsy.com ou Philippe CELIS celis@epsy.com
Des conflits en hausse qui annoncent une rentrée sociale sensible
Les conflits sociaux ayant pour objet les 35 heures sont toujours de plus en plus nombreux, alors que le nombre d’accords est selon le Ministère du Travail en forte augmentation. En avril 2000, nous dénombrions 187 conflits, en mai plus de 210.

Plus globalement, la hausse des conflits concerne en majorité le secteur de l’industrie, mais aussi celui des services. Dans le premier secteur, les conflits viennent principalement de la production, alors que dans le second, ce sont les services commerciaux qui ont été les plus prompts à débrayer.
La grande majorité de ces conflits a encore pour cause la mise en place à venir des 35 heures, mais le pourcentage de conflits qui font suite à une mise en place est de plus en plus important. Les motifs que nous avons pu identifier sont de quatre ordres :
Par rapport au mois précédent, nous constatons que le nombre de conflits dans lesquels les cadres étaient impliqués est en diminution. Faut-il en conclure que l’encadrement commence à s’adapter aux nouvelles configurations de travail et qu’il bénéficie des 35 heures ?
A cette interrogation, la réponse est double. En effet, d’une part une partie non négligeable de l’encadrement a pu au cours des derniers mois prendre des jours OTT. A cela s’ajoute le fait que dans de nombreux cas, il lui a été demandé de solder ses reliquats de congés payés avant le 31 mai. En conséquence, en cette fin de premier semestre, la pression sur l’encadrement a globalement baissé dans beaucoup d’entreprises. Mais, il s’agit davantage d’un sentiment de baisse (qui a pour origine des absences) que d’une baisse réelle de la charge ! En sera-t-il de même pour le second semestre ? Rien n’est moins sûr et ce, pour les raisons inverses à celles que nous avons présentées .
D’autre part, la pression des objectifs sera plus grande au cours du second semestre. Elle sera également accrue par le fait que les chantiers laissés en suspend pendant plusieurs mois redeviendront prioritaires.
Dans ces conditions, le second semestre s’annonce sous des auspices peu favorables d’autant qu’aux inquiétudes précédentes s’ajoutera une forte pression sur les salaires (encadrement supérieur compris). Ce sera, également, le moment d’une prise de conscience généralisée de l’inadaptation de la plupart des conventions collectives à la nouvelle configuration sociale des entreprises et l’ouverture de négociations portant non plus sur le statut, mais sur le rôle et les missions des cadres.
Il y a donc urgence à ouvrir ce chantier avant de se le voir imposé par une inéluctable évolution. L’échange de plus de temps libre contre évolution des rôles et des missions apparaît à certains DRH comme une opportunité à saisir dès maintenant.
[1] Est-ce un hasard, si les syndicats mettent désormais l’accent sur la dimension festive qui accompagne les conflits sociaux.