
Boulogne, le 10 février 2000
Note N°15
La gestion de l'implication
Epsy vous adresse régulièrement son analyse de l'évolution de la mise en place des 35 heures dans les entreprises. Nous avons choisi de l'appréhender au travers de l'OTT et non de la RTT.
Votre contact : Jean-Claude DUCATTE : 01.47.61.85.85 ducatte@epsy.com
Une année conflictuelle en perspective … Le nombre de conflits sociaux en cours ayant pour origine la
mise en place des 35 heures est très difficile à établir avec précision. Les chiffres donnés sont contradictoire, selon les
sources. En effet, en fonction des positions de telle ou telle centrale syndicale, le conflit sera classé ou non en conflit 35
heures. Pour notre part, nous tenons un comptabilité des conflits «majeurs[1]»,
cités dans les publications confédérales et syndicales depuis plusieurs mois. Ainsi, à périmètre d’information équivalent,
nous sommes passé de moins de 40 en septembre à décembre 1999, pour atteindre 139 à la fin de janvier 2 000.
Et parmi ceux-ci le nombre de conflits où étaient impliqués des agents de maîtrise et des cadres[2] ne cesse d’augmenter. Comme le fait remarquer un secrétaire national de la CFDT, « quand un
accord est signé le plus dur reste à faire. Nous pensons même que c’est « grâce » à la signature d’accords
que les salariés se mobilisent et que parfois surgissent des conflits ». Une opinion partagée à la fois par les
dirigeants des autres centrales et nombre de directeurs des Affaires Sociales. Toutefois, il s’agit de s’interroger sur la nature de ces conflits et de bien
identifier les populations concernées pour prétendre les anticiper ou trouver les moyens de les solutionner. En effet, le prétexte
des 35 heures est souvent un moyen commode pour masquer des revendications plus profondes ou plus difficilement présentables,
comme par exemple, la remise en cause des cadences en raison d’une maîtrise incomplète des outils de production, ou des
augmentations de salaires... Un encadrement de plus en plus éclaté En ce qui concerne les cadres, une analyse détaillée des
conflits de l’heure montre que deux attentes diamétralement opposées s’affrontent, quel que soit le niveau hiérarchique : Il faut souligner que la césure qui se fait jour entre ces deux
groupes ne repose pas sur des critères habituels du type hommes contre femmes, jeunes contre vieux, diplômés contre
autodidactes. La différence se fait sur des critères comme l’implication et la recherche de prise de responsabilités. Et
la difficulté : Faire cohabiter deux catégories de salariés aux motivations différentes. Des techniques pour identifier les éléments impliqués Si les éléments composants le premier groupe sont facilement identifiables, il n’en est pas de même pour
le second. En effet, le jugement de l’encadrement peut être subjectif et celui des directions des Ressources Humaines trop
lointain. Deux méthodes d’identification sont possibles :
La capacité des salariés à dépasser leur statut pour assumer un rôle nous semble être le critère le plus opérant pour non seulement mettre en place avec succès les 35 heures, mais plus globalement pour assumer le changement. Si la loi est paradoxalement un aiguillon incitatif, la reprise est quant à elle un frein puissant.
[1] Epsy a comptabilisé le nombre de conflits sociaux liés aux
35 heures au mois le mois, faisant l’objet d’articles dans la presse syndicale nationale de 6 organisations syndicales, à
savoir les cinq représentatives plus l’Unsa.
[2] Est-ce un hasard, si l’on vient d’apprendre que dans le
cadre de la mise en place du chèque syndical dans certaines entreprises que ce sont les cadres qui donnent le plus aux
organisations syndicales présentes dans ces entreprises ?